Curcumine justifiée dans le traitement de l’arthrose

Curcumine imageUn article de Y. Henrotin (4) vient à nouveau confirmer tout l’intérêt de la curcumine dans l’arthrose qui est une maladie complexe, multifactorielle justifiant au cours des poussées inflammatoires, période de chondrolyse accélérée, la prise de substances protectrices du cartilage qui comportent le moins d’effets secondaires possibles. C’est dans ces périodes qu’un anti-inflammatoire classique est justifié au cours de l’arthrose mais sa tolérance n’est pas bonne et compromet le bon suivi thérapeutique. Comme  les effets secondaires digestifs, rénaux et cardio-vasculaires de cette classe thérapeutique sont très majoritairement silencieux mais non moins sérieux, il n’est pas recommandé aujourd’hui de les utiliser sans surveillance médicale renforcée surtout chez les personnes âgées, ce qui est justement le terrain de choix de l’arthrose.

On se tourne donc de plus en plus vers des neutracétiques anti-inflammatoires naturels ou des compléments alimentaires comportant des substances aux propriétés pharmacologiques reconnues qui peuvent s’avérer aussi efficaces et en tout cas beaucoup mieux tolérés.

Les plantes se protègent contre le vieillissement et les agressions des ultra-violets en synthétisant notamment des anthocyanes et des caroténoïdes. Ces pigments hétérosides sont parfois utilisés en pathologie humaine comme l’arthrose. Récemment on a suggéré un traitement pour l’arthrose avec la cuticule du raison qui contient de la malvidine réputée « anti-âge », mais aussi substance à action anti-inflammatoire démontrée dans une polyarhrite expérimentale induite chez le rat. La phase expérimentale humaine est programmée pour 2014. Mais il est de nombreuses autres substances dont l’efficacité anti-inflammatoire est connu et prouvée depuis très longtemps : les extraits de saule, d’harpagophytum, de spirées, de rosacées notamment ont passé les siècles de l’histoire de l’homme et restent toujours aussi jeunes. La curcumine, le pigment jaune des rhizomes de curcuma longa, appelé aussi turmeric chez les anglo-saxons est, elle aussi, largement utilisée depuis des millénaires. C’est un des principes végétaux de base dans la médecine traditionnelle indienne qui est arrivé très tôt  en Europe puisqu’on le trouve aussi chez les grecs et les romains dans l’Antiquité puis actualisé par Marco Polo au XIII° siècle et qui finit par s’imposer dans tout l’Occident à partir du XVIII° siècle pour ses propriétés médicinales notamment digestives.

Au cours des dernières décennies on a isolé dans le curcuma des composés polyphénoliques aux capacités immunomodulantes, antioxydantes et anti-inflammatoires puissantes : les curcumines. Leurs propriétés n’ont pas cessé d’être confirmées par les diverses études tant expérimentales in vitro et in vivo chez l’animal qu’en pathologie humaine notamment dans l’arthrose, la maladie d’Alzheimer, la pathologie digestive colique ou le diabète.

On se contentera dans ce petit article de rappeler quelques études sur l’efficacité prouvé de la curcumine en pathologie humaine loin des études « éprouvettes » menées en laboratoire qui restent cependant souvent utiles pour déterminer le mécanisme d’action des substances étudiées.

L’action anti-inflammatoire a encore été montrée récemment par une équipe indienne (1) dans une étude incluant des polyarthrites traitées soit par 500mg de curcumine soit par 50 mg de diclofenac soit par une combinaison des deux principes actifs. La curcumine a montré une supériorité statistiquement significative sur le diclofenac pour réduire le score DAS 28 et les score ACR 20,50 et 70 avec une absence totale d’effets secondaires.

Son effet sur les symptômes de l’arthrose est signalé dans deux études humaines. La première (2) étudie l’efficacité d’un complexe médicinal à base de poudre de Curcuma Longa chez 42 patients atteints d’arthrose sur une période de 4 mois selon une méthode en double aveugle et cross-over contre placébo. L’ensemble des critères objectifs est amélioré de façon significative avec le complexe qui contient de la curcumine avec une tolérance clinique remarquable. La seconde, plus récente (3), étudie aussi l’intérêt de l’administration pendant 8 mois d’un complexe médicinal à base de curcumine chez 100 patients atteints d’arthrose répartis en 2 groupes mais tous traités de la façon conventionnelle la plus adaptée pour chacun. Un groupe de ces groupes, formé de façon aléatoire, reçoit en outre le complexe à base de curcumine. Les patients sont surveillés cliniquement notamment par un WOMAC et une épreuve de marche et biologiquement avec étude particulière de l’inflammation (dosage entre autres de l’IL1 et IL6, VS). L’ensemble des critères objectifs étudiés tant cliniques que biologiques est favorablement modifié et de façon statistiquement significative dans le groupe comportant le complexe à base de curcumine. Les auteurs concluent que le complexe médicinal est apte à modifier avantageusement la prise en charge médicale de l’arthrose.

Sur la base de ces différentes études menées dans la « vraie vie » du patient atteint de rhumatisme, le recours à la curcumine est donc licite et indiqué quand on sait que les effets secondaires de ce polyphénol sont constamment sans conséquences. Son utilisation pour ses propriétés anti-inflammatoires naturelles prouvées en clinique et puissamment anti-oxydantes démontrées en laboratoire parait logique dans les poussées inflammatoires d’arthrose à l’origine de la perte la plus conséquente de tissu cartilagineux et cela sans les conséquences secondaires cardiovasculaires, digestives et rénales que l’on attribue aux anti-inflammatoires non stéroïdiens de synthèse. Sa prise régulière sur de longues périodes apporte un confort articulaire certain.

On trouve de la curcumine dans AINAT en association synergique avec la bromélaîne anti-inflammatoire provenant de l’ananas et les propriétés antalgiques de l’harpagophytum. Ce complexe a prouvé sa remarquable tolérance au long cours et peut être utilisé très largement par l’arthrosique dans sa quête de confort quotidien.

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Bibliographie

(1)    Chandran B, Goel A. A randomized, pilot study to assess the efficacy and safety of curcumin in patients with active rheumatoid arthritis. Phytother Res. 2012 Nov;26(11):1719-25

(2)    Kulkarni RR, Patki PS, Jog VP, Gandage SG, Patwardhan B. Treatment of osteoarthritis with a herbomineral formulation: a double-blind, placebo-controlled, cross-over study. J Ethnopharmacol. 1991 May-Jun;33(1-2):91-5.

(3)    Belcaro G, Cesarone MR, Dugall M, Pellegrini L, Ledda A, Grossi MG, Togni S, Appendino G. Efficacy and safety of Meriva(R), a curcumin-phosphatidylcholine complex, during extended administration in osteoarthritis patients. Alternative Med Rev: J Clin Therapeutic. 2010;15(4):337–344.

(4)    Yves Henrotin, Fabian Priem, Ali Mobasheri. Curcumin: a new paradigm and therapeutic opportunity for the treatment of osteoarthritis: curcumin for osteoarthritis management. SpringerPlus 12/2013; 2(1):56.

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